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Amdullah !
Nous voici au Caire, le retour à la pollution, au bruit et aux klaxons !
Je vais
vous conter l’histoire d’un voyage dans le Sinaï de deux Kalb hraïramïn.
Voici tout d’abord l’alléchant programme que nous nous
étions concocté, mon coloc’ et moi même.
Lundi Départ pour Dahab vers
19h. Arrivée à Dahab vers 2h du matin. Nuit à
l’hôtel.
Mardi Journée
visite du Colored Canyon et autres oasis, déjeuner bédouin.
Mercredi Journée
à Dahab.
Balade en
chameaux, cheval, VTT, quad ?
Snorkeling
(masque et tuba).
Jeudi Départ tôt le matin pour
Ste Catherine (2 heures).
Visite du
monastère.
Déjeuner au
village.
Ascension dès
14 à 15h.
Arrivée pour
coucher de soleil.
Pique
nique et nuit sur le Mont Moïse.
Vendredi Lever
de soleil.
Descente.
Bus pour
Dahab en tout début d’après midi (2 heures).
Samedi Baptême
de plongée.
Départ
pour le Caire.
Voici
maintenant le programme réel que nous avons suivi. Vous pourrez mieux saisir
toute l’intensité d’une vie égyptienne.
Lundi Nous
partîmes deux du Caire, nébuleuse cité far far away des contes des
Milles et Une Nuits. Il est 19 h 00 heure locale, le bus s’ébranle, l’aventure
nous appelle.
Bus.
Encore du
bus.
Toujours du
bus.
Ah non, il y
aussi les films en arabe sous-titrés arabe, la musique arabe et la lecture du
Coran.
Toutes les
heures on est réveillé par un contrôle des papiers ou des billets.
Mardi 2h00
Zoulou, on est à Sharm el Sheik, c’est bien mais on n’est pas encore arrivé.
4h30 Ouah,
et ben ce fut long, un trajet prévu de 8h qui se révèle durer 9h30 mais on y
est, à nous la mer !
Bon, il
n’avait pas dit qu’il nous enverrait quelqu’un à l’hôtel ? Tant pis, on
est bon pour prendre un taxi.
5h00 Enfin
un taxi, enfin un pick up qui sert occasionnellement de taxi pour arrondir les
fins de mois.
5h15 Nous
voici devant l’hôtel, comment ça pas de chambre, mais pourtant le gentil patron
a bien pris la réservation ? Et il est où le gentil patron ? Il dort,
ah oui, dernier jour du Ramadan ça se fête. Vous allez vous débrouiller pour
nous trouver un endroit où dormir ? Vous êtes bien aimable mon brave.
Ah oui, des
coussins et un drap par terre, pas de soucis. Ah, au milieu des restes du repas
de la veille qui n’ont pas été ramassés. Comment ? Oui, je comprends,
Ramadan, très fatigué. Bon. Hem, les mouches n’étaient pas au menu si je ne
m’abuse.
Stop, ça
suffit, allons nous balader et profiter du lever de soleil.
Magnifique.
Petit
déjeuner face à la mer Rouge, personne. Quel calme.
Retour à
l’hôtel, ah, le patron dors encore ? Comment ? Oui, Ramadan… Je
commence à connaître.
Bon, une
heure de repos sur la plage, il y a pire.
Eh
patron ! Salut. Oui, pas de chambre, pas de place, on sait. Oui, il est
10h et on est un peu fatigué. Tous les hôtels sont pleins ? Dommage.
Peut-être qu’il y en a qui vont partir ? Ou pas ? Bon, si ça ne
dérange pas on va quand même voir s’il ne reste pas une chambre de libre.
Tout ça pour
ça.
Dix minutes
plus tard, on a trouvé une case posée sur un toit pour la somme modique de 15
Livres Egyptiennes la nuit pour deux. C’est rustique mais agréable. Petite
sieste puis on part en exploration de Dahab. C’est rapide, Dahab n’est pas
immense. On se renseigne pour le Canyon Coloré et pour Ste Catherine. De retour
à l’hôtel, on se décide pour abandonner l’idée du Canyon Oloré étant donné
qu’il est trop tard pour partir aujourd’hui et que le fatigue et le parte
feuille nous le déconseillent. On prévoit un départ le lendemain à 9h30 pour le
monastère, un bus s’y rend.
Le soir, on
profite de Dahab, un restaurant de poisson, la gentillesse des commerçants.
Mais on se couche tôt.
Mercredi Lever
de bonne heure, petite déjeuner encore très agréable et départ pour la gare
routière. On retrouve l’employé qui nous avait indiqué le bus la veille pour
prendre nos billets. D’un naturel cinglant, il nous avise que le bus doit être
en ce moment à Sharm et qu’il arrivera cet après midi et repartira pour Ste
Catherine demain, Inch’Allah.
Bon,
c’est balot comme on dit dans ces cas-là.
Que
faire ?
De retour à
Dahab city, on fait le tour des Tour Operator mais tous les minibus sont partis
à 8h. les prochains sont à 23h… Finalement, l’ami d’un collègue d’un
taxi-bédouin nous trouve un ami que nous tirons d’un sommeil qui ne semble pas
avoir été réparateur et accepte de nous emmener jusqu’au monastère moyennant
une conséquente rémunération.
Une heure et
demi plus tard, nous sommes devant Ste Catherine à déguster des Vache Qui
Rie sur du pain immonde et des chips, base de la majorité de nos piques
nique.
L’ascension
du mont Moïse est magnifique et paisible, on ne croise qu’un groupe de
Pakistanais fatigués. Arrivé en haut, on bénéficie d’un panorama à couper le
souffle et qui prend toute sa dimension au couchant (malheureusement gâché par
un nuage mal intentionné).
Une fois le
soleil disparu à l’horizon, le froid tombe immédiatement, on décide alors de se
coucher pour s’abriter du vent bien qu’il ne soit que 18h.
Jeudi Une
nuit glacée enroulés dans des couvertures à l’odeur persistante de vieux
chameau à regarder les étoiles faute de trouver le sommeil. Le réveil vient
rapidement nous délivrer sous la forme de touristes débarqués de nuit des
minibus et fiers d’avoir accompli la montée de nuit qui s’exclament et se cherchent
dans le noir. Un groupe de Coréens chante les laudes. Nous décidons de nous
lever pour découvrir que le sommet pelé sur lequel nous avions fermé les yeux
s’est transformé en véritable fourmilière. On ne peut s’empêcher de regretter
la quiétude de la veille et de la nuit encore si proche. Le spectacle vaut tout
de même le coup et si l’on attend une petite heure au sommet, la descente se
fait dans le silence avec une vue imprenable sur le monastère. 
La visite du monastère est immanquablement gâchée par les centaintes de touristes qui se pressent dans tous les coins. On ne peut profiter de la spiritualité de ce lieu et des superbes icônes à peine entre aperçues entre têtes et les mains qui les assaillent. Quand on pense qu'ici réside la deuxième bibliothèque du monde...
C’est vrai
qu’une fois en bas, il faut penser à rentrer à Dahab. Quand ont sait, comme
nous l’a appris un habitué du lieu, que ledit bus qui devrait nous ramener a la
même fréquence et le même ponctualité que celui de Dahab, on doute…
Quelques
kilomètres plus loin, après avoir un peu tourné en rond, on arrive en vue de la
station de bus. Mais un taxi s’arrête à notre portée et nous propose de nous
ramener pour moitié moins cher que notre aller. Après moult marchandages, on
embarque, mais on change vite de taxi pour celui d’un des potes du chauffeur qui
a l’autorisation de sortir de Ste Catherine… Ils sont fous ces Egyptiens.
17h30. Enfin
rentrés à Dahab, une bonne douche pour se débarrasser de l’odeur tenace de
vieux chameau et au lit…
Vendredi Une
bonne nuit de sommeil pour se remettre du Mont Moïse et on se retrouve à 7h00
pour un autre petit déjeuner face à la mer, un moment privilégié qu’il ne faut
surtout pas manquer à Dahab.
A 9h00, nous voici
en train de remplir de petites fiches au centre de plongée indiquant que non,
nous ne fumons pas, n’avons pas bu et sommes en bonne santé et n’avons pas peur
de mourir dans d’atroces souffrances suite à une pressurisation qui nous aurait
percé les tympans et compressé la boîte crânienne. Enfin tout un tas de petits
détails indiquant que nous n’avons pas fait le choix de plonger sous l’effet
d’un stupéfiant ou suite à un paris idiot. Vingt minutes de 4x4 pour une petite
oasis au sud de Dahab en compagnie de notre charmante monitrice américaine
francophone. Une journée fabuleuse de plongée dans l’un des plus beaux sites du
monde, la Mer Rouge. Des poissons multicolores, des coraux flamboyants et une
eau limpide, quelle merveille !
Le
soir, une dernière balade sur le front de mer à respirer l’air marin, une
shisha et une bière en écoutant une balade allongés sur les coussins d’une
terrasse de café déserte, un moment tranquille.
Samedi 8h30,
le bus quitte Dahab, direction Le Caire, retrouver notre quartier qui nous
manquait. Car si ce week-end était merveilleux, à 18h30, après 10h de car dans
un paysage désertique à regarder des films de série D en arabe et écouter le
Coran, la folie du Caire nous apparaissait un Eden.
The End
Voilà le récit de nos aventures. Peut-être ne vous
paraissent-elles pas aussi trépidantes qu’à nous mais en tout cas, dans les
difficultés comme dans les moments de détente, nous n’oublierons pas de sitôt
une telle équipée.
A très bientôt. M
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